Chiffres et repères – L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et les VHSS : s’informer et s’outiller pour agir

L’A. poursuit son travail, entamé il y a quelques années, sur les questions de diversité et d’inclusivité. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est qu’un aspect de toutes les inégalités présentes au sein de nos sociétés. L’A. s’attache à rester en veille sur la question des rapports de dominations et discriminations dans son ensemble, qui ne touchent pas que les femmes, et se déclinent sous de nombreuses formes (âge, origine ethnique, handicap, orientation et identité sexuelle…).
Il faut rappeler que les discriminations s’entretiennent entre elles et se cumulent : c’est la notion d’intersectionnalité, définie par la juriste américaine Kimberlé Crenshaw (être femme et noire, par exemple), à la fin des années 1980.
Cette page est complétée d’un mémo-ressources qui propose un inventaire de documents et ressources sur le sujet.
SOMMAIRE :
De quoi parle-t-on ?
Avant-Propos
Repères juridiques et historiques
Quelques chiffres
1. Les femmes sont au cœur d’inégalités professionnelles
2. Les femmes sont invisibilisées dans le secteur culturel
3. Les femmes sont victimes des comportements illégaux
et largement impunis
Ici, nous nous intéresserons à l’égalité dans la sphère professionnelle, et dans le secteur culturel.
Si le travail peut favoriser la diversité et la cohésion sociale, il peut aussi, a contrario, venir accentuer des inégalités déjà présentes et devenir le lieu de puissantes souffrances et discriminations.
Les discriminations directes existent encore, mais se font de plus en plus rares, en ce qu’elles sont couvertes par la loi et la réglementation (les inégalités salariales, par exemple). En revanche, des discriminations plus discrètes et indirectes, qui demeurent nombreuses, peuvent se développer au travail, le travail en soi pouvant créer des biais. Par exemple, dans certains processus de ressources humaines, tels que le recrutement, l’intégration ou la promotion, on observe des formes inconscientes de discriminations : les critères de sélection peuvent être plus ou moins genrés et le plus souvent imaginés par des hommes (majoritaires aux postes de direction), et contribuent alors à la reproduction des inégalités. Il faut donc aussi aller expliciter ces formes de discriminations en interrogeant l’organisation du travail, comment sont prises les décisions, et par qui ? Comment sont accompagnées et valorisées les compétences de chacun·e ?
Vous trouverez dans cette page des chiffres clés ainsi que des éléments de définitions. Elle se complète d’une seconde page ressources dans laquelle vous trouverez des ressources produites par l’agence, des guides pratiques ainsi que des liens utiles à consulter pour en savoir plus.
DE QUOI PARLE-T-ON ?
Égalité professionnelle femmes-hommes : égalité de traitement entre les femmes et les hommes en termes d’accès à l’emploi, à la formation, à la mobilité et à la promotion ou en termes d’égalité salariale, d’égalité face à l’articulation vie personnelle / vie professionnelle.
Violences et Harcèlement Sexistes et Sexuels (VHSS)
Les violences sexuelles se définissent comme étant tout acte sexuel, toute tentative d’acte sexuel, tout commentaire ou avance de nature sexuelle, dirigé à l’encontre d’une personne et sans son consentement. Les violences sexistes caractérisent tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Le harcèlement sexiste et sexuel, quant à lui, se caractérise par le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste. L’ensemble de ces formes de violences portent atteinte aux droits fondamentaux de la personne et sont interdites par la loi et sanctionnées pénalement.
Source :
➜ violences-sexuelles-culture.org
Les VHSS renvoient à plusieurs formes d’actes et de violences, incluant l’agissement et le propos sexiste, le harcèlement sexuel (dont harcèlement sexuel d’ambiance1), la violence et l’agression sexuelle.
Le sexisme se définit comme une manifestation des « rapports de force historiquement inégaux entre femmes et hommes « conduisant à la discrimination et empêchant la pleine émancipation des femmes dans la société. Selon le Conseil de l’Europe (mars 2019), il se caractérise par tout acte, geste, représentation visuelle, propos oral ou écrit, pratique ou comportement fondés sur l‘idée qu’une personne ou un groupe de personnes est inférieur du fait de leur sexe, commis dans la sphère publique ou privée, en ligne ou hors ligne, avec pour objet ou effet :
– de porter atteinte à la dignité ou aux droits inhérents d’une personne ou d’un groupe
de personnes ;
– d’entraîner pour une personne ou un groupe de personnes des dommages ou des souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou socio-économique ;
– de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ;
– de faire obstacle à l’émancipation et à la réalisation pleine et entière des droits humains d’une personne ou d’un groupe de personnes ;
– de maintenir et de renforcer les stéréotypes de genre.
Retrouvez un glossaire détaillé sur cette page.
1 Le harcèlement sexuel d’ambiance se caractérise par le fait d’être contraint de supporter un environnement de travail hostile, humiliant et stigmatisant pour une catégorie de personnes, notamment les femmes.
AVANT-PROPOS
L’ensemble de ces actes de violence et de harcèlements sexistes et sexuels s’inscrivent dans un contexte plus général de domination masculine, qui a, depuis des siècles, durablement transformé et marqué la société française. En effet, de nombreux·ses sociologues et anthropologues qui ont étudié l’organisation des sociétés humaines dans le monde et les rapports sociaux qui s’y jouent, ont régulièrement observé une domination des hommes sur les femmes ; les hommes y détenant souvent l’autorité et les pouvoirs. Cette domination s’est manifestée et continue de se manifester dans toutes les sphères de la société : professionnelle, religieuse, politique, privée, médiatique… Se révèle ainsi une domination systémique (en ce qu’elle s’alimente) mise en place par une société patriarcale, dans laquelle l’homme est perçu dans sa fonction de père fondateur, de patriarche, qui possède l’autorité et le pouvoir (étymologiquement, cela signifie en grec « le commandement de la lignée paternelle »). Par glissement, le patriarcat renvoie plus généralement aujourd’hui au système de subordination des femmes aux hommes.
Le patriarcat s’est, au fil des siècles, manifesté par l’obtention de nombreux droits pensés par et pour les hommes, dont les femmes étaient privées. Avec un système de valeurs, de croyances, d’habitudes, de lois, d’organisation et de rapports de pouvoir basé sur une idéologie patriarcale, les conditions sont alors réunies pour alimenter des comportements et discours sexistes dans la société. Finalement, ce contexte empreint d’une domination historique constitue le terreau de développement d’actes, de violences et de harcèlement sexistes et sexuels, en ce que nous tous·tes avons intériorisé des normes, valeurs et comportements genrés qui les alimentent.
REPÈRES JURIDIQUES ET HISTORIQUES
1966
La Loi du 30 décembre 1966 interdit désormais de licencier une femme enceinte ou en congé maternité.
1972
➜ Article L3221-2
Tout employeur assure, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes.
1975
La loi du 11 juillet 1975 interdit désormais de rédiger une offre d’emploi réservée à un sexe, de refuser une embauche ou de licencier en fonction du sexe ou de la situation de famille sauf en cas de motif légitime prévu dans le cadre de la loi.
➜ https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/egalite-professionnelle/reperes-chronologiques/
2019
➜ Article L. 1153-5 alinéa 1 du code du travail :
« L’employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les faits de harcèlement sexuel, d’y mettre un terme et de les sanctionner. »
QUELQUES CHIFFRES
Rappelons qu’en France, en 2020, selon l’Insee, les femmes comptent pour 51,7 % de la population2, elles sont 2,3 millions de plus que les hommes. Ainsi, il n’y a pas de déséquilibre théorique sur la population française qui expliquerait une moindre présence et représentation des femmes. C’est même l’inverse en réalité.
1. Les femmes sont au cœur d’inégalités professionnelles
Alors qu’en France, les femmes représentent 63 % des étudiant·e·s sur les bancs des écoles de l’Enseignement Supérieur Culture sur l’année scolaire 2021-2022, elles ne représentent que 45 %
des personnes en emploi dans les professions culturelles. Les dernières données dont nous disposons pour la Nouvelle-Aquitaine, en 2018, mettaient déjà en lumière la même tendance, avec un rapport 60/ 45. Bien que ces données ne concernent pas le même territoire, et qu’il ne faut donc pas les comparer, il ne semble pas qu’il y ait eu de progrès notables.
Sources :
➜ Observatoire égalité femmes-hommes dans la culture, 2023, DEPS
➜ L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la culture en Nouvelle-Aquitaine, 2021, L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine
Au 1er janvier 2023, si on compare à la même date en 2021, on observe une tendance à la baisse,
au niveau national, de la part des femmes dirigeant des structures labellisées par le Ministère de la Culture (-3pts en 2 ans, soit 35 % aujourd’hui). En Nouvelle-Aquitaine, 33 % (soit 1,5 points de plus qu’en juillet 2022) de femmes dirigent, depuis le 1er octobre 2023, les structures labellisées3 par le Ministère de la Culture, mais 4 directions en cours de recrutement. Les nominations à venir peuvent donc constituer d’important leviers de progression. Si 4 femmes sont nommées, la région atteindrait un taux historique avec 41 % de femmes directrices de ces structures labellisées.
Enfin, notons que l’on est passé de deux à une direction mixte en un peu plus d’un an.
Sources:
➜ Observatoire égalité femmes-hommes dans la culture et la communication. 2023, DEPS
➜ L’A. : travail de recherche interne sur les directions néo-aquitaines
Les femmes sont moins aidées (et moins rémunérées). En Nouvelle-Aquitaine, le montant moyen des aides déconcentrées du spectacle vivant4 accordées aux femmes est inférieur à celui des hommes (et elles sont moins nombreuses à recevoir ces aides de la part de la Drac). En 2019, en moyenne, les équipes artistiques dirigées par des hommes reçoivent 55 % de plus, par la Drac, que celles dirigées par des femmes. Notons aussi que les équipes dirigées par des femmes représentent 16 % des équipes aidées par la DRAC et 35% de celles aidées par la région en NA (2019).
Source :
➜ L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la culture en Nouvelle-Aquitaine, 2021, L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine
En 2023, en France, le montant moyen des aides allouées aux femmes est inférieur à celui des hommes. Par exemple, si elles ont autant de chance d’obtenir des aides du Centre National du Livre, leur montant moyen est pourtant inférieur de 15 % à celui des hommes.
Source :
➜ Observatoire égalité femmes-hommes dans la culture et la communication. 2023, DEPS
2Insee, Recensement de la population 2020
3Ici, on parle des structures ayant un label spectacle vivant, arts visuels ou le label « centre culturel de rencontre »
4Les aides déconcentrées au spectacle vivant constituent le socle de la politique du ministère de la Culture en faveur des équipes artistiques. Ce dispositif vise à accompagner les artistes dans les différentes étapes de leurs parcours, tout en prenant en considération l’articulation des temps de recherche, de création, de diffusion et d’action culturelle de leurs projets. Il est actuellement encadré par le décret n°2015-641 du 8 juin 2015 relatif à l’attribution des aides et l’arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions d’attribution et aux modalités de présentation des demandes d’aides déconcentrées au spectacle vivant.
2. Les femmes sont invisibilisées dans le secteur culturel
Sur la saison 2020-2021,dans les scènes publiques, le potentiel5 de public spectateur·rice·s susceptibles de voir des spectacles comprenant des femmes au plateau, à la mise en scène ou à l’écriture est de 33 % (+2 % par rapport à 2019/20). C’est plus de deux fois inférieur à celui des hommes. 38 % des spectacles programmés dans les scènes publiques sont mis en scène par des femmes (+3 % par rapport à la saison précédente).
Source :
➜ Artistes femmes dans le spectacle public : comptage saison 20/21, Syndeac
Les femmes ont toujours été invisibilisées de l’histoire de l’Art & de la Culture, ce qui amène à requestionner la valorisation du matrimoine, c’est-à-dire de l’héritage culturel laissé par les femmes dans l’Histoire, que le simple mot « patrimoine » vient effacer (à la fois symboliquement mais aussi concrètement).
- ARTS PLASTIQUES ET VISUELS : Entre 2013 et 2018, le Louvre n’a proposé qu’une seule exposition dédiée à une femme (contre 31 pour les hommes).
➜ En 2018, l’Académie des Beaux-Arts comptait en ses membres 8 % de femmes seulement. Notons que la première femme à y avoir été élue est Jeanne Moreau, en 2000, alors que l’institution est fondée en 1816. Pendant près de 200 ans, les femmes ont été effacées de l’histoire des Beaux-Arts, se résumant alors œuvres du patrimoine.
L’entrée des femmes à l’Académie des Beaux-Arts depuis 2000 constitue une dynamique nouvelle, de reconnaissance du matrimoine culturel et artistique français. Après 13 femmes élues depuis 2000, et aujourd’hui 12 membres, l’égalité est encore loin d’être atteinte. Si la tradition patriarcale est ancrée, on observe, tout de même, des progrès ces dernières années : en janvier 2023, les femmes membres représentent 17 % (12/67) des Académicien·ne·s, soit une hausse de 9 points en cinq ans. Toutefois, nous déplorons que des artistes accusés et reconnus d’agression sexuelle, comme Roman Polanski en soient, en 2023, encore membres.
- ARTS DE LA RUE : En Nouvelle-Aquitaine, en 2019, les femmes sont responsables artistiques de 27 % des compagnies. Elles sont aussi moins aidées que les compagnies dirigées par des hommes. Par exemple, la DRAC Nouvelle-Aquitaine n’a conventionné aucune compagnie dirigée par des femmes en 2019 (contre 3 dirigées par des hommes, et 1 mixte). Aussi, si elle a aidé autant de compagnies à direction masculine que féminine (sur une aide aux projets), c’est-à-dire 3, le montant moyen alloué aux compagnies dirigées par des femmes est toujours inférieur à celui de celles dirigées par des hommes. Les femmes dirigent 5/14 CNAREP en France. Elles représentent un quart des artistes programmé·e·s dans les festivals arts de la rue en Nouvelle-Aquitaine (c’est plus que dans les 3 autres régions étudiées : AURA, IDF et Normandie).
- CINÉMA : Depuis 1985, seules 3 palmes d’or à Cannes ont été obtenues par des femmes. Notons que la deuxième a été délivrée en 2021 et la troisième en 2023, ce qui souligne un progrès récent sur la question, et qui peut témoigner d’une nouvelle dynamique, plus soucieuse de rendre visible mais aussi de récompenser le travail des femmes. Cela ne représente tout de même que 4% des récompenses.
➜ Si on compare à la Cérémonie des César, 8 % des films primés ont été réalisés par des femmes depuis 1976. Mais, à l’inverse, depuis 2010, aucun film réalisé par une femme n’a été primé.
- LIVRE : Dans le secteur du livre, il semble que l’on s’approche davantage d’une égalité sur le plan de la consécration artistique. Elles représentent près de la moitié des chevaliers et chevalières décoré·e·s par l’ordre des Arts et des Lettres. Elles sont bien représentées parmi les lauréates et lauréats des grands prix de Littérature (Goncourt, Renaudot…). En revanche, notons qu’elles sont relativement absentes des jurys et présidences en 2022. Aussi, elles sont encore, au 1er janvier 2023, largement minoritaires dans les Académies françaises (17 %).
- MUSIQUE : Depuis 1985, seules 10 % des artistes primé·e·s aux Victoires de la musique du meilleur album sont des femmes. En Musique classique, la situation, bien que plus favorable, n’en reste pas moins loin d’une parité (36 % des primé·e·s).
- THÉÂTRE : Depuis 2005, 21 Grands Prix de la littérature dramatique ont été décernés : 6 l’ont été à des femmes, 15 à des hommes.
- MÉDIAS (radio et télévision, ici) : on observe une tendance encore structurelle à l’invisibilisation des femmes : elles n’ont, en 2021, selon le CSA, que 36 % de temps de parole contre 43 % de présence.
Sources :
➜ ARTCENA, « Palmarès des Grands prix »
➜ Observatoire égalité femmes-hommes dans la culture et la communication. 2023, DEPS
➜ Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture. Acte II : après 10 ans de constats, le temps de l’action. 2018. Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
➜ Fédération nationale des arts de la rue, « Égalité Femmes-Hommes dans les arts de la rue ? Sortons les chiffres », 2019.
5Le «potentiel de public» permet de mesurer l’exposition offerte aux artistes femmes (qu’elles soient metteuses en scène, au plateau ou à l’écriture). Pour le calculer, il s’agit de pondérer le nombre de spectacles programmés par les salles attribuées (jauge), et par le nombre de représentations du même spectacle… Dit différemment, c’est le maximum de public qu’un spectacle peut avoir.
Chiffres clés par disciplines artistiques
Novembre 2023
3. Les femmes sont victimes des comportements illégaux
et largement impunis
Dans le rapport annuel fourni par le HCE en 2023, sur l’état des lieux du sexisme en France, la proportion de femmes ayant vécu des situations sexistes est très élevée (80 % en 2023), même si on note une diminution sensible depuis 2019 (où elles étaient 99 %). En revanche, cette donnée est à prendre avec précaution, puisque c’est un indicateur assez subjectif (la définition du sexisme étant parfois floue), et mis en regard avec d’autres chiffres, le HCE conclue que « Le sexisme ne recule pas en France. Au contraire, certaines de ses manifestations les plus violentes s’aggravent, et les jeunes générations sont les plus touchées. […] Malgré des avancées incontestables en matière de droits des femmes, la situation est alarmante ». (2023). Le rapport tend à mettre en lumière un léger recul des manifestations les moins violentes du sexisme en France et une augmentation de ses formes les plus violentes. A titre d’exemple, on observe, en 2022, une augmentation des victimes de violences sexistes et sexuelles, de +32 % dans les transports en commun par rapport à 2021. Si on s’intéresse aux féminicides conjugaux, l’évolution est très inquiétante, avec une augmentation de 20 % des victimes entre 2020 et 2021 (122 femmes tuées).
En 2020, 32 % des étudiant·e·s de l’enseignement supérieur Culture ont été victimes d’agissements sexistes et 8 % des étudiant·e·s ont été victimes d’agression sexuelle. 131 personnes ont été victimes d’un viol dans les locaux des établissements, dont 119 étudiant·e·s. Parmi ces 131 victimes, 9 sont des hommes et 122 sont des femmes, ce qui représente 93 % de femmes parmi les victimes.
Source :
➜ Enquête du ministère de la Culture sur la perception des violences et harcèlement SS dans l’enseignement supérieur artistique et culturel (fév. 2020)
N.B : enquête non publiée, dont les résultats ont été transmis aux directions et aux représentant·e·s du personnel et des étudiant·e·s dans les établissements sous tutelle du ministère de la Culture. Le Magazine AMC (d’architecture) a eu accès a une partie des résultats, dont ces chiffres sont issus.
https://www.amc-archi.com/article/harcelement-sexuel-et-sexiste-dans-les-ecoles-d-architecture-des-chiffres-pour-mesurer-l-ampleur-des-faits,73893
En 2018, seulement 5,8 % des plaintes pour viol, en France, ont mené à une condamnation.
Source :
➜ Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France en 2019.
2020, Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes
En 2018, d’après les enquêtes de victimisation, il était estimé qu’1 femme sur 5 pourrait être victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle dans le secteur culturel. Source :
➜ Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture. Acte II : après 10 ans de constats, le temps de l’action. 2018. Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
Au-delà de ces nombreuses formes d’inégalités et de violences au travail, la question de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes fait émerger d’autres problématiques que nous n’avons pas traitées ici. Généralement considérées comme se situant en dehors de la sphère du travail, la question des congés parentaux équitables, des violences intra familiales, des aidant·e·s familiaux·ales, ou encore des congés menstruels, sont encore absentes de nombreuses réflexions dans le cadre professionnel. Pourtant, elles sont intrinsèquement liées aux inégalités d’accès au travail, puisqu’elles ont des conséquences directes sur ce dernier. Les inégalités personnelles, privées alimentent les inégalités professionnelles (par exemple, un congé parental plus long pour la mère qui influe plus négativement sur sa carrière que pour le père qui ne prendra d’ailleurs pas nécessairement son congé) et inversement. S’il n’y a pas encore de cadre légal qui s’impose à l’employeur de statuer sur ces questions, on voit cependant émerger ici et là des premières mesures et actions. Il y a fort à parier que dans les années à venir, les organisations seront davantage amenées à jouer un rôle politique sur ces enjeux, en complémentarité avec les institutions, tout du moins que les professionnel·le·s auront de plus en plus d’attentes quant à ces inégalités.
Vous avez une question ou besoin de renseignements supplémentaires ?

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